Covid-19 : Le modulaire à la rescousse des soignants en cas de seconde vague

Engorgés pendant la crise sanitaire du printemps dernier, des hôpitaux et centres médicaux avaient dû agrandir leurs locaux dans l’urgence pour assurer la continuité de leur service de soins. Dans certains territoires, des précautions ont déjà été prises afin d’anticiper les risques d’une reprise massive de l’épidémie après l’été.

COVID

Au printemps dernier, les structures médicales traditionnelles, surprises par l’ampleur de la vague virale liée à la pandémie de Covid-19, ont été débordées par l’afflux de patients. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon les données de Santé Publique France, plus de 100 000 personnes sont passées par l’hôpital entre le 1er mars et la fin du mois de juin en raison d’une suspicion de contamination au coronavirus.

Dans le secteur de la médecine de ville (professionnels de santé libéraux), la crainte d’une explosion des consultations a conduit la profession, avec l’appui des administrations (Agences régionales de Santé) et des collectivités locales, à déployer des centres spécifiques pour accueillir les patients qui présentaient des symptômes semblant correspondre à la nouvelle maladie infectieuse * : en milieu urbain, mais surtout en zone rurale, beaucoup de ces établissements avaient dû être installés dans des structures modulaires, faute, pour certaines communes, d’être en mesure de disposer de locaux « en dur » facilement accessibles pour la majorité des habitants et suffisamment fonctionnels afin de répondre à l’enjeu sanitaire du moment. Ici ou là, il s’agissait aussi d’élever, dans des délais très rapides, des édifices provisoires pour éviter que les personnes contaminées ne se mélangent à d’autres malades venus consulter dans le centre médical ou la maison de santé habituels.

Des normes sanitaires identiques aux bâtiments médicaux traditionnels

Dès le mois de mars, un dirigeant d’un cabinet leader de conseil en stratégie (Roland Berger) signalait que face au risque « d’engorgement de nos infrastructures de santé, qui peut faire passer le taux de mortalité du Covid-19 d’environ 0,5 % à 4 % (!) » l’enjeu majeur pour les pouvoirs publics, les professionnels de santé et les acteurs du bâtiment sera, en cas de crise analogue, « d’être capable de déployer rapidement des structures médicales modulaires équipées ».

Face à la flambée de l’épidémie et l’explosion des besoins, sur une période assez courte (la vague avait commencé à refluer dès la mi-avril), de très nombreux hôpitaux avaient atteint voire dépassé dans certaines régions, la limite de leurs capacités d’accueil.

Un exemple parmi beaucoup d’autres : Dans le département du Morbihan, un territoire pourtant relativement épargné par rapport aux niveaux de propagation record observés dans le Grand-Est et Ile-de-France, le groupement hospitalier Bretagne Sud (Lorient) a investi dans cinq modulaires pour y installer des espaces de consultation spécifiques, destinés à assurer les dépistages. L’objectif de l’opération était d’organiser sur place un service de prise en charge doté de tous les équipements nécessaires, mais situés en dehors des locaux réservés au service des urgences.

Pour rappel, les concepteurs d’un cabinet médical modulaire sont soumis aux mêmes normes d’hygiène et d’isolation que les établissements « en dur » agréés par le Ministère de la Santé (voir notre article précédent sur le sujet).

*L’objectif était aussi de réduire les risques de propagation du virus dans les cabinets de médecine et d’éviter la saturation des appels au Centre 15.

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